Dans une interview au Journal du Dimanche, le JDD, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé vouloir allouer au minimum 60 milliards d’euros par an supplémentaires pour la transition énergétique. Oui, mais quand et comment ?

Une annonce très prometteuse : entre 60 et 70 milliards supplémentaires par an pour la transition énergétique. La France étant en retard sur le sujet, il s’agit pour Bruno Le Maire de “doubler le taux d’effort” à ce propos. Cependant, cette annonce vient conjointement avec le fait de devoir “réduire significativement les dépenses de l’État” dans son budget pour 2024. Comment une telle équation peut-elle alors être mise en place ? Tout d’abord, le ministre de l’Économie déclare que l’État n’y arrivera pas seul. Il s’agit pour lui de solliciter les communes, les régions, toutes les collectivités à prendre leur part à cet effort dans le but de réduire les émissions de carbone d’ici à 2030. « L’État peut en porter une partie mais pas la totalité » et il doit jouer le rôle de « levier de l’investissement privé ». « C’est tout l’objet du projet de loi que je présenterai en mai », a également annoncé le ministre. Suspense.

France 2030 et les objectifs de la transition écologique

Le ministère de la Transition énergétique possède une enveloppe de 19 milliards d’euros sur 2023, un montant en hausse par rapport aux années précédentes. Le plan du gouvernement doté de 54 milliards d’euros à déployer sur 5 ans (dont 34 milliards d’euros de nouveaux crédits), vise à développer la compétitivité industrielle et les “technologies d’avenir”. Le ministre prend pour exemple le “plan hydrogène”, avec 1,9 milliard d’euros supplémentaires pour la filière à développer en France, ou encore la construction “des usines de batteries électriques, notamment dans le Nord”. Rappelons qu’Emmanuel Macron avait, en février dernier, annoncé développer l’éolien offshore et une multiplication par dix des installations de panneaux photovoltaïques d’ici 2050. Mais il avait également mis le frein sur l’éolien terrestre, avec un doublement de la capacité actuelle non plus sur dix mais trente ans… Est-ce suffisant ? Pour l’instant, pas vraiment. En 2020, la France était le seul pays européen à ne pas avoir rempli ses objectifs en matière d’énergies renouvelables, atteignant à peine le seuil de 19% de renouvelables sur sa totalité au lieu des 23% de l’accord de Paris. Or, ces objectifs sont contraignants. La France est donc tenue de rattraper cet écart, d’à peu près 63 térawattheures, en rachetant aux autres pays de l’Union européenne leur « surplus » – comme à la Suède, par exemple. Et la somme dûe pour combler ce manque est de plusieurs centaines de millions d’euros… Encore une équation qui fait mouche.

Chez Synergie Transition, nous espérons que ces plans aideront à une indépendance énergétique du pays basé sur des énergies vertes, accessibles et répandues sur tout le territoire. Ainsi, l’autoconsommation des ménages sera favorisée, et avec la rénovation énergétique du parc immobilier permettant une bonne isolation cela annoncerait la fin de la précarité énergétique. On fait le pari, 2050 et un monde sans énergies fossiles et sans souffrance des ménages lié à des bâtiments vétustes ?